L’Internet au service de la ville

La conférence que j’animerai avec Pierre Mansat* le 16 juillet prochain à Shanghai a pour objectif de montrer comment les technologies de l’information et de la communication s’intègrent naturellement à la thématique de l’exposition universelle « Meilleure ville, Meilleure vie ».

La conférence sera structurée autour de trois grands enjeux qui participent à la qualité de vie dans les métropoles : la maîtrise du temps, la qualité du lien social et l’enrichissement mutuel. L’objectif sera d’évaluer comment les progrès technologiques peuvent contribuer à développer ces valeurs et faciliter la lutte contre les nouveaux « fléaux métropolitains » tels que le stress, l’isolement ou la dégradation du sentiment d’appartenance.

 

La maîtrise du temps est un des thèmes les plus cruciaux. Le temps est un puissant levier de développement social, économique et culturel. Les contraintes de transport rendent le rapport au temps de plus en plus délicat dans les métropoles. Leurs structures radioconcentriques génèrent des heures de déplacement qui progressivement détériorent la qualité du lien social et l’efficacité économique. Le stress du retard et le temps perdu dans les transports sont de terribles vecteurs d’angoisse et de tension ; ils cassent cette sérénité nécessaire au maintien des équilibres personnels, à la créativité et, d’une manière générale, au principe même de confiance nécessaire au fonctionnement harmonieux d’une communauté d’individus. Les TIC peuvent permettre de repenser la notion de temps. En agissant sur l’organisation du travail, sur l’optimisation des périodes de déplacement ou sur la suppression de nombreux déplacements inutiles, les technologies, comme celles issues de l’Internet mobile, de la géo-localisation ou du travail en réseau, offrent des marges d’optimisation qu’il nous appartient d’intégrer dans l’organisation métropolitaine.

 

Dans une ville comme dans une métropole, la qualité du lien entre les individus est la base du contrat social. Or, pour les raisons évoquées ci-dessus mais aussi parce que les technologies – comme la télévision en son temps – constituent des facteurs d’isolement, nous devons travailler sur le bon usage de ces nouveaux outils. Le succès des médias sociaux comme Facebook ou Twitter montrent l’appétence croissante des générations actuelles pour une nouvelle forme de socialité. Le développement du lien social peut s’inspirer de cette dynamique sociétale pour autant qu’elle s’inscrive dans un projet de ville et dans une échelle des valeurs. Les leviers sont forts en termes d’entraide, de solidarité ou de rencontre. C’est pourquoi il est urgent de prendre en considération les capacités de ces outils, de les territorialiser, de développer des nouvelles applications, mais également d’articuler leurs effets avec les véritables lieux de rencontre que sont les espaces publics, les sites culturels ou les commerces de proximité.

 

La concentration dans la ville n’a de sens que si elle contribue à l’enrichissement mutuel et, directement ou indirectement, à la création de valeur économique. La métropole de demain n’existera réellement que si elle se construit autour de la mobilisation des connaissances et des savoirs. La question se pose alors de la contribution des technologies à cet enjeu. Elles peuvent agir à deux niveaux : le premier rejoint la dynamique de proximité évoquée ci-dessus. En facilitant les rencontres entre les gens et la mutualisation des savoirs, les technologies sont de véritables leviers pour transformer les échanges en actions ou en projets concrets. Ces rassemblements s’opèrent dans tous les domaines, culturels, sociaux ou économiques ; ils justifient pleinement la concentration urbaine. L’autre avantage des TIC dans ce processus d’enrichissement mutuel, c’est le rôle qu’elles jouent à l’échelle du monde ; les technologies de l’information sont le principal facteur de globalisation de la métropole. Elles offrent à chaque acteur du patrimoine métropolitain, qu’il soit humain, culturel ou économique, un potentiel de rayonnement et de valorisation mondial. Les futures applications qui vont naître des réseaux sociaux et de l’Internet mobile  permettront de proposer à chacun de découvrir chaque métropole – sa métropole – selon ses propres critères.

 

Alors qu’il y a quelques années on spéculait sur le développement d’un monde virtuel et déshumanisé, comme second life, on s’aperçoit aujourd’hui que les technologies se développent, au contraire, autour des réalités bien vivantes. Le web collaboratif ou la réalité augmentée en sont les preuves. En mettant ces progrès au cœur des équilibres fondamentaux d’une métropole, nous voulons montrer combien ces nouveaux outils peuvent aller dans le sens d’une urbanité à la fois humaine, rayonnante et ambitieuse.

 

* Adjoint au Maire de Paris en charge de la métropole. 

2 réflexions au sujet de « L’Internet au service de la ville »

  1. « Meilleure ville, meilleure vie » ? ils n’auraient pas un peu copié MV² du côté de la Chine ??? plus sérieusement, le thème que vous abordez est très interessant. Pourrez-vous mettre un lien internet de votre intervention dès votre retour ?

  2. MV2 EST UTILE ; MAIS JE NE VOIS PAS COMMENT FACEBOOK, TWITTER VONT PERMETTRE UNE MEILLEURE COMMUNICATION?
    LES PARISIENS VIVENT TROP DANS LEUR BULLE EN AYANT LEURS ECOUTEURS DE TELEPHONE SOUVENT BRANCHES
    JE CROIS à L’OUVERTURE>> EX SHANGAI ET LA CREATION D’ENTREPRISES INITIEE PAR MrFROMANTIN
    BIEN AMICALEMENT
    LOÏC COLLIN

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