Cher(e)s candidat(e)s à la Présidence du Conseil général des Hauts de Seine,
Depuis quelques mois – avant même que les électeurs aient voté – vous étiez nombreux à être candidats à la présidence du Conseil général des Hauts de Seine. Merci de cette ambition pour le département. Avant le vote de jeudi matin, je voulais vous interpeller à la fois sur la forme et sur le fond.
Je n’avais pas prévu de le faire « sur la forme » pensant que chaque candidat travaillerait ces jours ci à préciser ses grandes orientations pour le département des Hauts de Seine. J’espérais que nous participerions, directement ou indirectement, à ce travail pour aboutir jeudi à un débat constructif sur l’avenir de notre département. C’était me semble t-il la bonne voie pour consolider une « majorité à droite » assise sur nos valeurs et sur un projet pour le territoire. J’ai appris hier avec déception (par une dépêche AFP) que tout s’était joué en quelques minutes à l’Elysée et que Patrick Devedjian et Jean Sarkozy, ennemis depuis des mois et amis depuis hier, s’étaient alliés pour la présidence du Conseil général dans la perspective des élections présidentielles.
Vraiment dommage car quand j’entends comme vous la défiance des électeurs vis à vis des « politiques » j’ai envie de vous dire que vous ne nous facilitez pas les choses.
A Neuilly les électeurs n’ont pas voté pour les présidentielles mais pour les cantonales. Je n’ai pas fait ma campagne sur des sujets nationaux mais sur des enjeux locaux. 70,23% des électeurs m’ont suivi sur ce terrain. J’avais pourtant comme adversaire une représentante de la première composante de la majorité départementale. N’y a-t-il pas là un risque de quiproquos avec l’opinion ? J’ai peur, comme les électeurs, de ne plus comprendre. J’ai peur que la distance vis-à-vis des politiques augmente encore et que la perte de confiance s’aggrave, je crains que nous passions à côté des vrais débats, ceux que nous avons la responsabilité de mener … Quoi vous dire sur le fond si tout est joué ? Quel est le sens du débat si c’est la perspective présidentielle qui guide le projet des Hauts de Seine ? Je voulais parler des enjeux de territoires, de la place des Hauts de Seine dans le Grand Paris, des nouveaux équilibres économiques et sociaux, de gouvernance, de solidarité etc. Bref de politique, au sens vrai du terme. Dont acte, mais ne me parlez plus d’exemplarité, de valeurs ni de projets … C’est semble t-il pour vous hors sujet. C’est pourtant le message grandissant des français depuis plusieurs mois.
Bien cordialement,
Jean-Christophe FROMANTIN, Maire de Neuilly sur Seine, Conseiller général des Hauts de Seine.