Pourquoi Territoires en Mouvement (TeM) ?

Jean-Christophe Fromantin : En 2008 j’ai été élu maire de Neuilly avec cette idée simple qu’une ambition pour son territoire est le socle fondamental d’un engagement politique. J’ai prolongé cette réflexion par la sortie d’un livre en avril 2011 (« Mon village dans un monde global », Ed. François Bourin) qui tente de montrer que c’est à partir de nos territoires que nous retrouverons des perspectives de développement dans la mondialisation. C’est donc tout naturellement que je prolonge cette expérience et cette réflexion par la mise en place d’un mouvement politique dont l’objectif sera d’approfondir et de promouvoir cette idée de rebond par les territoires.

Quelle est votre analyse de la situation actuelle ?

JCF : Nous sommes face à trois crises majeures : une crise politique, celle de la confiance, elle se manifeste par exemple par ce chiffre stupéfiant de 83% des jeunes qui pensent que les hommes politiques sont corrompus (enquête TNS Sofres sur les français et l’honnêteté des hommes politiques –septembre 2011) ; une crise sociale, celle de l’Etat-providence qui se caractérise par la combinaison de deux éléments : la faillite des comptes sociaux et la perte de responsabilité dans toutes les formes spontanées de solidarité ; et une crise économique, celle de la compétitivité, puisque nous sommes incapables de fixer des axes de croissance propres à notre économie. Ces trois crises sont profondément liées et supposent que les solutions soient envisagées de façon cohérente et convergente. La situation actuelle appelle à la fois un projet de long terme et des mesures d’urgence, mais l’un n’ira pas sans l’autre.

Quelles seront les grandes orientations de Territoires en Mouvement ?

JCF : Notre ambition est d’amorcer le retournement d’une France centralisée en perte de vitesse vers une France des territoires qui restaure la confiance et exploite ses atouts. J’ai acquis la conviction que les solutions aux trois crises que je viens d’évoquer passent toutes par l’homme et le territoire, par ce que j’ai appelé dans mon livre « la reterritorialisation ».

Reprenons les trois crises :

La crise politique ; elle ne se résoudra que par un retour de la confiance des citoyens envers leurs élus ; et cette confiance réside d’abord dans l’engagement sincère d’hommes et de femmes pour leur territoire. Cette notion est fondamentale car, compte tenu du potentiel de nos territoires, elle redonne un sens profond et vrai à l’ambition politique.

Les solutions à la crise de l’Etat-providence passent également par cette réflexion sur les territoires. Que ce soit pour réamorcer des solidarités de proximité, pour optimiser la dépense publique ou pour mieux adapter les efforts de solidarité aux spécificités régionales, nous n’échapperons pas à une reconfiguration des échelles pour revitaliser notre politique sociale.

Enfin, dans une économie mondialisée, où la compétitivité se construit sur la capacité à valoriser ses avantages comparatifs, nous devons comprendre que c’est dans la profondeur et la diversité de nos patrimoines, conjuguées aux leviers de l’immatériel et de l’innovation, que l’on trouvera les voies d’une nouvelle croissance.

Vous sentez-vous suivi dans cette idée ?

JCF : Les élections sénatoriales ont permis de réamorcer une prise de conscience de la valeur potentielle des territoires. « Le recul de la décentralisation a été un contresens » confirmait récemment un ancien premier ministre (Jean-Pierre Raffarin dans le FigMag du 8 octobre). J’entends de plus en plus de voix qui appellent à retrouver ce sens des territoires. L’actualité me conforte dans cette approche ; on commence à comprendre que les nouveaux leviers politiques, économiques et sociaux s’exprimeront dans des nouvelles échelles de projet et non plus via un Etat exsangue de confiance et de moyens d’action. Depuis la sortie de mon livre en avril dernier, je reçois de nombreux témoignages de soutien et d’adhésion à cette dynamique.

Comment Territoires en Mouvement se positionne dans l’échiquier politique ?

JCF : Territoires en Mouvement est un mouvement de centre-droit qui promeut l’initiative individuelle, l’économie de marché et un attachement profond aux valeurs humaines. Il développe l’idée d’un redéploiement de l’action politique dans les territoires avec un Etat plus régalien dans une Europe plus ambitieuse.

Mais TeM veut surtout proposer un nouvel élan, qui mobilise de nouveaux talents, remette de l’éthique et de la confiance dans l’engagement politique et appelle à la mobilisation de tous ceux qui sont prêts à s’engager. Territoires en Mouvement veut se construire sur un projet de long terme car nous ne pouvons pas laisser à nos enfants une France sans espérance.

Quelles sont les prochaines étapes et comment comptez-vous mobiliser ?

JCF : Territoires en Mouvement est une petite structure. L’internet doit être le pivot de la réflexion et de la mobilisation. Nous comptons ouvrir des « Territoire(s) » dans toutes les régions françaises autour et avec tous ceux qui se retrouveront dans cette ambition politique – via les territoires-. Début 2012 nous présenterons un projet sur les « impératifs de compétitivité », les « axes de modernisation des politiques publiques » et quelques orientations pour « réinsuffler la confiance ». Nous proposerons ces idées dans le contexte des élections présidentielles et nous labelliserons des candidatures aux élections législatives partout où des nouveaux talents se mettront au services de nouvelles ambitions territoriales.

Dans notre monde numérique, le politique doit faire preuve, plus que jamais, de clarté dans sa vision, de constance dans ses propos, et d’authenticité dans ses engagements.

A la faveur des événements de ces trois dernières années, la nécessité d’une nouvelle régulation du système financier, d’une meilleure coordination budgétaire européenne et d’une concertation des Etats dans la défense monétaire sont devenues autant d’évidences. Mais de toutes les leçons de la crise actuelle, la moins soulignée est probablement la plus fondamentale. Lire la suite

JCF ce soir sur LCI

Jean-Christophe Fromantin est l’invité de « OUI/NON » , émission présentée par Michel Field aujourd’hui lundi 30 mai, à 18h30 sur LCI (rediffusion à 21h30).
Vous connaissez peut-être l’émission, sinon, sachez que le principe est amusant; un invité est soumis à ce « OUI-NON », un feu roulant de questions avec une seule réponse possible, « OUI » ou « NON »… Langues de bois s’abstenir!

JCF sur I télé : ouvrons le débat à l’occasion des élections de 2012 !

Jean-Christophe Fromantin était l’invité de Guillaume Durand sur Radio Classique et I télé ce matin. Il a débattu face à Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris, sur les enjeux de la Présidentielle de 2012.  Interrogé sur l’utilité d’une candidature unique, il a rappelé l’importance de proposer des idées nouvelles, un projet, une vision pour la France dans la mondialisation. Une candidature unique pourrait nuire à la richesse du débat et aggraver la situation de défiance envers le monde politique. Comme indiqué dans un communiqué publié en avril, Jean-Christophe Fromantin n’est pas candidat à l’élection présidentielle de 2012 mais il entend contribuer à cette échéance en proposant une contribution libre et déterminée sur la place de la France dans la mondialisation.

Retrouvez la video I télé en cliquant sur l’image ci dessous :

Acteurs Publics : Miser sur les Territoires

Dans son numéro de mai 2011, le magazine Acteurs Publics publie une interview de Jean-Christophe Fromantin.

«  Si l’on veut recréer un élan, il faut une ambition pour ces territoires. Au fin fond du Cantal, il y a des paysages, des traditions, des technologies, des écoles, des jeunes qui « ont envie » autant qu’à Neuilly. Si l’ont dit à ces territoires que c’est perdu, les jeunes partiront se standardiser dans les métropoles et consommer de la prestation sociale. Il faut recréer de la confiance »

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Acteurs Publics : Miser sur les Territoires

Dans son numéro de mai 2011, le magazine Acteurs Publics publie une interview de Jean-Christophe Fromantin.

«  Si l’on veut recréer un élan, il faut une ambition pour ces territoires. Au fin fond du Cantal, il y a des paysages, des traditions, des technologies, des écoles, des jeunes qui « ont envie » autant qu’à Neuilly. Si l’ont dit à ces territoires que c’est perdu, les jeunes partiront se standardiser dans les métropoles et consommer de la prestation sociale. Il faut recréer de la confiance »

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